PEP BOU est un mime excellent et ses longs bras lui permettent d’arriver au bleu du lointain. Il a triomphé avec les bulles, fleurs de l’air, vagues impossibles même pour l’eau. Cette poétique des bulles de savon, telles des paroles, est l’œuvre de son génie. Et où diable pouvons-nous inscrire ce spectacle insolite ? Autant que je le sache, un magicien oriental, nommé Yadu, a été le premier à travailler les bulles, de couleurs et parfumées. Mais l’apport de PEP BOU réclame un autre bouffée. Il s’agit moins de la magie opérante que de l’effet poétisant du jeu des bulles. L’espace scénique respire et retient la vigueur du jeu des bulles. L’étoile de ce numéro est un grand poisson, fils du vent, qui échappe à la routine du théâtre. La neige sur un vitrail ne finirait pas mieux la comédie. Ceci dit, les clous et les morsures de la prose n’y peuvent rien. Les bulles, armée de la lumière, flottent dans le vide, le meilleur pour affirmer un pacte, nous rappelant que, nous aussi, naissons et mourons et que nous sommes les maillons d’une racine qui ne demande pas de médecins. Car, éphémère signifie de courte durée, et l’humanité n’est rien d’autre qu’une constellation d’étoiles éphémères.
Joan Brossa
La Companyia Pep Bou présent Clinc! dans le MOSTRA D’IGUALADA le 21 avril et dans la FIRA DE TITELLES DE LLEIDA le 5 et 6 mai 2012.
